Condition physique pour un trek d’envergure

Par Explorateur Voyages le  sous Aventures

La condition physique est un élément important qu’il ne faut pas négliger lorsqu’on s’engage dans un trek d’envergure. Sa sous-estimation ou même parfois sa sur-estimation peut conduire à l’échec.

Il est vrai que l’acclimatation à la haute altitude ne dépend pas directement de la forme physique et ce n’est pas parce que quelqu’un s’est bien entraîné qu’il est à l’abri du mal aigu des montagnes (MAM). Ceci dit, l’entraînement physique a clairement un effet sur notre capacité à gravir une montagne ou faire un grand trek. L’entraînement produit, entre autres choses, une protéine de croissance vasculaire appelée VEGF (vascular endothelium growth factor) qui déclenche la formation de nouveaux vaisseaux sanguins lors de l’accroîssement de la masse musculaire. Une meilleure vascularisation permet une grande proximité entre les globules rouges qui transportent l’oxygène et les cellules musculaires qui l’utilisent. Elle améliore la capacité maximale de transport et d’utilisation de l’oxygène respiré, la VO2max, qui est d’autant plus importante en situation d’hypoxie d’altitude.

Un entraînement régulier ciblé sur l’endurance débuté deux à trois mois à raison de deux à trois fois par semaine avant le trek ou l’ascension d’une haute montagne fait donc partie d’une préparation adéquate. Cet entraînement doit pouvoir permettre d’effectuer une marche de 6-8 heures avec un dénivelé positif de plus ou moins 800 m sans souffrance et sans être exténué.

Il faut cependant éviter certains pièges qui peuvent compromettre le voyage…

 

 

Lors de l’entraînement :

  • Une mauvaise hydratation conduit à une souffrance musculaire (que l’on ressent notamment par les « courbatures » des jours suivant l’effort) et peut provoquer des tendinites compromettantes.
  • Un effort trop intense ou géré de manière imprudente peut entraîner des lésions musculaires (déchirures, claquages, etc.) ou provoquer des fractures – chaque année, des clients de Terra Ultima doivent se résigner à repousser leur projet d’ascension ou à y renoncer pour cette raison…

Lors du trekking :

  • Même si la forme physique est au rendez-vous et que vous avez le goût de dépasser tout le monde, il faut se rappeler que cela ne vous protège pas contre le MAM, l’œdème pulmonaire ou l’œdème cérébral de haute altitude.
  • Avec une bonne puissance physique (une VO2max supérieure à la moyenne), il faut choisir d’aller plus loin et non plus vite… J’ai été témoin de plusieurs cas où des personnes « top shape » ont dû être évacuées d’urgence pour un œdème pulmonaire de haute altitude. La raison ? Elles sont allées trop vite (ou ont choisi de faire un jogging à 5 300 m d’altitude!), ce qui a entraîné une augmentation excessive de leur pression artérielle pulmonaire qui a dégénéré en œdème pulmonaire…

En conclusion, une préparation physique adéquate à l’effort d’endurance adaptée à l’objectif d’ascension visé est nécessaire mais comme pour beaucoup de choses dans la vie, un excès peut conduire à de grosses déceptions!

François-Xavier Bleau