Traitement vs prévention avec le Diamox ?

Par Explorateur Voyages le  sous Aventures

Pourquoi devons-nous avoir ce médicament lorsque nous voyageons en altitude ?

Il y a quelques temps, je recevais un courriel d’un enseignant du secondaire qui organisait, avec quelques collègues, un voyage en Équateur pour un groupe d’élèves de son collège, l’un des objectifs étant d’atteindre l’altitude de 5 200 mètres. Il me demandait de rencontrer, par visioconférence, les parents des élèves qui se posaient beaucoup de questions pour savoir comment assurer la sécurité de leurs enfants sur le plan du mal aigu des montagnes (MAM). Ils étaient pour la plupart au courant qu’ils devaient avoir du Diamox® avec eux mais débattaient entre eux pour savoir s’il fallait le prendre avant le départ, en arrivant en altitude, pendant tout le séjour, etc.

 

 

Voici donc, en quelques phrases, ce que je leur ai répondu :

Le Diamox® peut effectivement être pris en prévention ou en traitement du MAM.

Si l’on choisit de le prendre en prévention, il faut débuter la prise de ce médicament un ou deux jours avant l’arrivée en altitude (c’est-à-dire à plus de 2 500 mètres) à raison de 125 mg matin et soir, jusqu’à deux ou trois jours après le début du séjour en altitude. Ce qu’il faut savoir dans ce cas, c’est que :

  • Si l’on ne respecte pas les règles d’acclimatation liées au gain progressif d’altitude, même les personnes prenant du Diamox® peuvent déclencher un MAM (au Kilimandjaro, l’incidence du MAM est similaire entre ceux traités et non-traités au Diamox®!) ;
  • Si le MAM se déclenche alors que l’on est sous un traitement au Diamox®, il n’y a pas d’autre solution que de descendre (une augmentation de la dose ne changera rien) ;
  • L’efficacité de ce médicament (dont la principale propriété est son effet diurétique) diminue avec le temps ; il n’est donc pas utile, et même néfaste si un MAM devait se déclencher, de le prendre durant tout le séjour ;
  • Cette molécule a quelques effets secondaires. Ils ne sont pas majeurs mais peuvent produire un inconfort : elle accroit le volume d’urine, et donc la déshydratation (il faut s’attendre à se lever la nuit et il faudra boire davantage), provoque des fourmillements, surtout dans les doigts, et change le goût des aliments (la dysgueusie!).

Si l’on choisit de le prendre en traitement, le Diamox® est très efficace (à raison de 125 mg toutes les huit heures) à condition de le prendre à temps, c’est-à-dire dès qu’un MAM est identifié (score > 3 sur l’échelle de Lac Louise) et de ne pas gagner à nouveau de l’altitude avant que les symptômes disparaissent.

Des effets sur le sommeil ?

LeDiamox® a effectivement deux effets :

  • En augmentant la fréquence des mixions, il peut nous obliger à nous lever une ou deux fois la nuit pour uriner (effet diurétique) mais c’est au début de la prise, surtout lors de la nuit 1 et éventuellement la nuit 2.
  • En limitant l’augmentation du pH sanguin due à l’hypoxie (l’alcalose respiratoire), le Diamox permet de réduire largement ou totalement l’apnée du sommeil, ce qui permet de mieux dormir chez ceux qui souffrent de réveil à cause de ça. Une fois que l’on est acclimaté, l’effet « pipi » du Diamox est moins important (comme lorsqu’on en prend 1/4 de comprimé avant le coucher au cours du séjour pour éviter l’apnée du sommeil).

 

 

Lorsque nous accompagnons un groupe en montage, je laisse toujours le choix aux participants de prendre le Diamox® en prévention ou de le réserver à un éventuel traitement (tout en étant informé de leur choix, une fois sur le terrain). Nous pensons toutefois qu’il est intéressant pour chacun de savoir comment leur organisme s’adapte naturellement à l’altitude sans l’aide d’un traitement médicamenteux ; cela est préférable si l’on veut retourner régulièrement en montagne.