Paradis iranien

Par Pierre-Paul Bleau le  sous Aventures

Quand un touriste se promène dans les ruines de Persépolis, il lui faut beaucoup d’imagination pour être capable de se représenter ce que fut la splendeur de la capitale impériale détruite par Alexandre le Grand en 330 avant J.-C. Cette cité est devenue un site archéologique unique, où l’on retrouve les tombeaux royaux de Naqsh-e Rostam, la terrasse de Persépolis de même que les gravures rupestres de Naqsh-e-Rajab. La visite de ce site vaut à lui seul un voyage en Iran.

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Aujourd’hui, une bonne partie des Iraniens, incluant certainement des dirigeants de la révolution islamique, sont assez conscients de ne connaître que le fragile reflet de ce que l’Iran (ou la Perse, son nom d’avant 1935) a été. Pourtant, il faut connaitre les contributions majeures que l’Iran a légué à l’humanité : des inventions parmi tellement d’autres comme le premier service postal, le calendrier solaire, la rose domestique, le mot paradis, les rois mages et la date de Noël sans oublier les Mille et une nuits.

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Le mot paradis, plus particulièrement, qui provient de l’Iran ancien, désignait à l’origine un espace clos comme l’est une réserve de chasse royale. En ce sens, l’Iran est un pays de plateaux cerné de hautes montagnes, au climat aride et aux hivers rigoureux. Le territoire iranien a un sens : un haut et un bas. Il y a toujours une montagne pour que le touriste s’y retrouve, un canal d’irrigation pour indiquer dans quel sens va la pente. C’est clair, l’espace iranien se résume à trois aspects géographiques fondamentaux : la montagne réservoir d’eau, la plaine désertique et le piémont entre les deux, là où se trouvent les villes.

Paradis rêvé…

Dans le monde iranien, l’idée du paradis est évoquée comme une région lumineuse et parfumée, peuplée de créatures angéliques, remplie de nourriture abondante et naturellement hors du monde. De manière similaire, le christianisme tout comme l’islamisme ne cesse d’inviter ses fidèles à revenir à ce lieu originel. En attendant d’y revenir, les Iraniens ont, depuis des siècles, élaboré une architecture de maisons, de jardins, de mosquées et de palais reposant sur le désir de créer un environnement visuel qui renforce l’islamisme; ce qui veut dire qu’artisans et architectes iraniens ont recouvert les murs et les plafonds de tous ces lieux de culte de délicats motifs géométriques sophistiqués suggérant la sagesse infinie du Divin.

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Des yeux de touristes habitués à ne voir que de la décoration intérieure occidentale peuvent sûrement, dans une maison ou un palais de la ville d’Ispahan ou de celle de Chiraz, contempler un monde dépouillé de toute association avec leur quotidien d’outre-mer. Le jardin d’une maison iranienne de la sublime ville de Yazd qui plaît au regard d’un visiteur étranger grâce à sa simplicité peut lui rappeler en même temps des vertus telles la modération et la tolérance.

Et que penser de la fabrication des tapis d’Iran, soit la forme d’art la plus raffinée de l’héritage persan. Les dessins d’un tapis font allusion au paradis de l’éternel printemps, symbolisé par un jardin. Pour les Iraniens, le tapis correspond autant à leur cadeau de mariage, au cœur de leur habitat qu’à un espace pur sur lequel le thé est savouré, la danse prend son envol et où la prière sanctifie la vie quotidienne. Son commerce en fait la deuxième exportation après le pétrole.

Bon voyage !

Texte rédigé par Pierre-Paul Bleau, collaborateur de Terra Ultima.

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