LADAKH Le Petit Tibet et traditions bouddhistes

Par Pierre-Paul Bleau le  sous Aventures

Le Ladakh fait partie de l’État indien de Jammu et Cachemire, une des régions de la planète les plus élevées habitées par l’homme. Sur une carte, ce royaume d’Himalaya apparaît comme la prolongation vers l’ouest des terres les plus basses du Tibet occidental. C’est un espace désertique qui, en 1974, faisait signe aux étrangers de s’y infiltrer librement, surtout aux touristes.

Avant cette date, les tensions territoriales entre le nouvel état indien hindoue, issu du départ des Britanniques en 1947, le Pakistan musulman et le Pakistan oriental, aussi musulman, devenu le Bangladesh, ont contraint le Ladakh, surnommé le « petit Tibet », à l’isolement. De son côté, le Tibet subissait l’impact de la fermeture des routes commerciales, en 1949, par la Chine communiste.

D’ouest en est, le Ladakh, le Mustang, le Sikkim et le Bhoutan sont les principaux royaumes du Grand Himalaya peuplés de populations tibétophones. Le Ladakh est le premier à se mettre en place puisque la route transhimalayenne, la plus ancienne par la vallée de l’Indus, donnait accès aussi bien au Tibet qu’au Xinjiang et à la Chine. Ainsi, sa capitale, Leh, perchée à 3500 mètres d’altitude, fut une étape cruciale des caravaniers venant des montagnes arides du Karakoram ou de l’Himalaya.

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Leh, capitale des Mille et une nuits

Autrefois appelée la capitale des « Mille et Une Nuits» , Leh a été un carrefour central avec ses entrepôts où s’agglutinaient les richesses de l’Asie : les perles et les pierres précieuses, les peaux d’Astrakhan, les mille épices, les tapis d’Orient, les herbes médicinales, l’or et bien sûr le pashm. Ce duvet hivernal des chèvres pashmina broutant sur les hauts plateaux du Tibet et du Haut Ladakh dont la laine inestimable a toujours été expédiée au Cachemire voisin, là où les tisserands la métamorphosaient en châles sublimes.

Le mot Ladakh vient du tibétain La-dvags signifiant «la terre entre les cols», des cols innombrables situés entre 3500 et 5000 mètres qui imposaient aux voyageurs des passages serrés et des creux les poussant constamment dans le rythme alterné de la montée et de la descente.

Aussi, il pleut rarement au Ladakh en raison de sa position derrière la barrière climatique que forment les premiers contreforts de l’Himalaya au sud du Ladakh de sorte que la région est soustraite aux avantages de la mousson. En conséquence, on y retrouve de la chaleur extrême, du froid, de la sécheresse. La seule ressource en eau provient des glaciers et de la fonte des neiges, lesquelles recouvrent ce territoire durant 6 à 8 mois de l’année. Peu de neige tombe dans la vallée où est localisée la capitale, Leh.

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Lorsque le printemps s’éveille dans cet espace austère, le premier souci des ladakhis est de recueillir l’eau, très rare, et de démarrer l’irrigation de la terre afin de faire croître l’orge, la céréale qui est à la base alimentaire de plusieurs populations himalayennes. L’orge est transformée en farine et consommée en chapiti, ce pain indien inestimable; ses grains se goûte aussi, au quotidien, sous forme de tchang, cette bière locale propice à faire prendre de la hauteur à tous et chacun.

La vie reprend son cours…

Par Pierre-Paul Bleau, collaborateur Terra Ultima

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